- Madame l’Ambassadrice de la Délégation de l’Union européenne,
- Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
- Madame la Représentante d’ONU Femmes,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des agences des Nations Unies au Maroc,
- Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Mon plaisir est double :
- D’abord celui de célébrer cette journée internationale en contribuant scientifiquement au débat sur l’autonomisation des femmes au Maroc, en contribuant à mieux comprendre les défis qui sont les nôtres et à identifier collectivement les leviers permettant de renforcer l’inclusion des femmes dans tous les domaines de la vie économique et sociale.
- Ensuite celui de présenter des travaux et analyses qui ont été menés dans le cadre du partenariat fructueux qui lie le Haut-Commissariat au Plan, l’ONU Femmes et l’Union Européenne. Un partenariat exemplaire, inscrit dans la durée, qui a permis de promouvoir la production, la dissémination et l’analyse des statistiques sensibles au genre, contribuant ainsi à l’éclairage du débat public sur un sujet complexe, celui des inégalités de genre dans leurs différentes dimensions.
Les récentes statistiques résultant du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2024 (reprises dans le recueil sur la femme marocaine en chiffres) dressent un portrait contrasté de la situation des femmes marocaines, entre avancées et défis persistants. Représentant près de 18,3 millions d’habitantes, elles occupent une place grandissante dans la société, notamment avec 19,2 % des ménages dirigés par des femmes, contre 16,2% en 2014. La baisse de l’indice synthétique de fécondité à 1,97 enfant par femme, qui est inférieur au seuil de remplacement des générations fixé à 2,1 enfants par femme, confirme une transition démographique accélérée. Cet indice se situait à 5,5 enfants par femme en 1980. L’âge moyen du premier mariage est en légère baisse : 24,6 ans en 2024 contre 26,3 ans en 2004 (celui des hommes a augmenté à 32,4 ans en 2024 contre 31,2 ans en 2004). Le taux de célibat à 50 ans est de 12,4% en 2024 contre 5,3% en 2004 (Pour les hommes, il est de 9,7% en 2024 contre 4,9% en 2004). Sur le plan éducation, des progrès notables sont enregistrés, avec une durée moyenne de scolarisation portée à 6,3 ans et un recul du taux d’analphabétisme. Dans le même temps, notre enquête permanente sur l’emploi nous révèle qu’en 2024, la participation des femmes au marché du travail reste limitée avec un taux d’activité de seulement 19,8 % ( 69% pour les hommes)et un chômage qui atteint 19,3 % (12% pour les hommes). Un tel constat est conforté par les résultats de la cartographie des établissements économiques qui montrent un accès limité aux opportunités économiques, puisque les femmes ne dirigent que 10 % des établissements économiques et occupent 27,7 % des emplois permanents.